Danse
trois boléros

Odile Duboc

01 Juin ► 02 Juin 2007

"Ainsi Le Boléro de Ravel (...) renaît mille et une fois de ses cendres jusqu'à la modulation finale en mi ; mais l'hypnose, puis le vertige que cette monotonie provoque tiennent à la progression magique du mouvement stationnaire.
L'exaltation née de ce ressassement cache une sorte de crescendo contenu et retenu qui monte irrésistiblement, comme une marée, à l'intérieur du mouvement uniforme, tout en restant sur place. C'est ce qui rend fascinante l'immobilité obsessionnelle du Boléro (...)."
Vladimir Jankélévitch In Quelque part dans l'inachevé "La lecture obsessionnelle de cette réflexion de Vladimir Jankélévitch à propos du Boléro m'avait suffisamment interpellée pour provoquer en moi un désir nouveau, celui de chorégraphier à partir d'une musique qui me porte et m'invite au mouvement.Mais à travers les mots choisis - plus qu'à travers les constats et dans la description des sensations qu'apporte cette musique -, Jankélévitch me révélait ce qui implicitement fondait mon désir : il n'y a pas une, mais des multiples possibilités d'évoluer sur cette musique. Ma décision était prise : je chorégraphierais cette musique. Et ce n'était pas un, mais deux et même plusieurs Boléro(s) que je désirais mettre en danse. "
Odile Duboc

Emmanuelle Huynh, directrice du CNDC, a participé en qualité d'interprète
à la création de cette pièce en 1996 et à de nombreuses représentations depuis.Aux côtés de Boris Charmatz, elle danse le deuxième boléro dont les mouvements sont faits de grandes spirales qui enroulent les corps sur des axes imaginaires, d'abandons qui les lovent l'un autour de l'autre...