Musique
KOUYATÉ & NEERMAN

KANGABA

15 Oct. 2009 — 00:00

L'un est un grand joueur de balafon, l'autre est passé maître du vibraphone, ces deux percussionnistes distillent un jazz à l'élégante incandescence. David Neerman et Lansiné Kouyaté unissent leur monde au nom de la musique en liberté.

Tout est parti d'un coup de foudre entre deux maîtres de coups percutants. C'était en 2003, et grâce à l'entremise d'une amie commune, le vibraphoniste européen David Neerman et le balafoniste africain Lansiné Kouyaté partagent des heures d'improvisation, échangeant leur technique et leurs inspirations sur leurs deux instruments cousins éloignés. Évitant les pièges d'un mariage de déraison ‚Äì un lit de tradition mandingue pour quelques ondes jazzy ; un écrin bleu juste teinté d'échappées african-world ‚Äì les deux artistes offrent un univers hors normes, une musique ambient libre et novatrice, une électro riche de leurs histoires personnelles et d'une liberté commune sans entraves stylistiques (du post-rock au dub en passant par le minimalisme).
Et comme la qualité de l'ensemble tient à celle intrinsèque des parties, rappelons que David Neerman, jazzman curieux de tout et ouvert à toutes les expériences rythmiques, s'est illustré en moult aventures, aux côtés entre autres de la Coréenne Youn Sun Nah, des slameurs Anthony Jospeh & The Spasm Band et au sein du collectif post-jazz contemporain Slang. Le Malien Lansiné Kouyaté s'est quant à lui imposé comme le maître actuel du balafon, l'un des instruments de percussions les plus emblématiques de l'Afrique de l'ouest. À 10 ans, il intégrait l'orchestre national du Mali pour se faire embarquer peu après par le grand Salif Keita. Compagnon de scène de Baaba Maal et de Mory Kanté, le virtuose de " l'instrument qui sonne " (bala et fon en langue malinké) est aussi un alchimiste du son, embrasant musiques savantes et populaires en son foyer ancestral. " La liberté appartient à ceux qui l'ont conquise " (Malraux) : celle trouvée par le binôme a l'esprit et le souffle de la conquête.¬†