théâtre
BÉRÉNICE

de Jean Racine | mise en scène Laurent Brethome

02 Nov. ► 04 Nov. 2011

© Elodie Maubrun

Un classique immortel, sans fureur ni imprécations, où l'amour ne résiste pas à la raison d'état. Cultivé et baroque, un jeune metteur en scène vendéen dirige avec fièvre cette ouvre de chambre à " la tristesse majestueuse ".

L'argument trouve sa source chez Suétone. Titus, devenu empereur à la mort de son père, ne peut, selon les lois romaines, épouser Bérénice, reine de Palestine, qui l'aime pourtant profondément. Ami d'enfance de Bérénice, Antiochus espère l'épouser, mais si elle a pour lui une profonde amitié amoureuse, elle ne l'aime pas " d'amour ". D'emblée, Titus a choisi et toute l'intrigue consiste à savoir quand et comment il annoncera à Bérénice leur séparation.

Représentée pour la première fois le 21 novembre 1670 à l'Hôtel de Bourgogne, Bérénice est pour Racine une tragédie expérimentale, un terrain d'exploration : cinq actes, peu de vers, peu de scènes, une seule didascalie, trois personnages principaux, des confidents raciniens chargés de l'intendance et prenant en charge " sales pensées et sales besognes ".

Après sa remarquée mise en scène, Les souffrances de Job de Hanokh Levin, reprise cette saison au Théâtre de l'Odéon à Paris, Laurent Brethome monte avec énergie ce lamento théâtral, sensuel et musical.
Le directeur du Menteur volontaire, " tribu théâtrale " implantée à La Roche-sur-Yon, tout en refusant "¬†l'intimidation par les classiques¬†", respecte les codes et contraintes des vers. Il rend audible et sensible aux spectateurs d'aujourd'hui, cette langue magnifique. Il a trouvé en Julie Recoing (Bérénice) et Thomas Blanchard (Titus) les modernes interprètes de cette histoire éternelle d'un amour empêché.